L'atelier
(ou la pièce à matelas)

J’ai grandi dans un atelier.

Mes parents (Sophie et Stephane Vandevivere) tenaient un magasin de meubles à Roncq, un petit village du Nord de la France, situé à 15 minutes de Lille. 

Mon grand-père (Robert Demortier) travaillait dans l’atelier de menuiserie juste derrière le magasin, je passait la plupart de mon temps dans son atelier entouré de toutes ses machines et des odeurs propres à cette passion, tel que celle du vernis qui se dégageait de la pièce de vernissage où il appliquait les finitions des meubles.

Je me souviens encore de cette impressionnante ponceuse à bandes qui semblait n’en plus finir au bout de l’atelier ; de cet intriguant chariot suspendu au dessus de la toupie … Je pourrais citer la scie à ruban avec laquelle mon grand-père m’avait fabriquait cette petite machette en bois afin de pouvoir jouer à l’aventurier, mais aussi une jolie coque en bois pour mon bateau, qu’il avait d’ailleurs terminé sur cette fameuse ponceuse à bandes. Comment ne pas parler de la scie à format qui trônait en plein milieu de l’atelier.

La porte d’entrée de l’atelier se trouvait à côté de la pièce à vernis, donnant sur une allée menant tout droit au magasin, sur la droite de cette allée, une pièce dans laquelle étaient stockés des monts de matelas, ces matelas étant destinés à agrémenter les lits et leurs cadres fabriqués par mon grand-père.

C’est dans cette « pièce à matelas » que j’ai choisi d’installer mon atelier, mon studio de design où j’expérimente et développe mes projets, j’y exploite une multitude de techniques ; Du travail du bois massif à l’impression 3D afin d’exploiter un maximum de possibilités.

Il découle de cette pluridisciplinarité, un atelier en constante évolution, une certaine curiosité et un désir de découvrir de nouvelles techniques de travail. 

Ce goût m’a été transmit par l’équipe pédagogique de la section Design de l’Institut Saint Luc où j’ai pu faire mes études durant 6 années, cette équipe composé d’artistes, artisans, designers, créateurs, infographistes mais aussi d’anciens étudiants de la section, ce sont eux qui me permettent aujourd’hui la pratique d’un savoir-faire varié et un sens critique esthétique aiguisé.